14 mai 2022 : semaine nationale du handikayak !

Essais de bateaux de descente

Dans le cadre de la semaine nationale du handikayak, des membres de JSPA Mayenne se sont rendus au club de canoë-kayak de Laval afin de rencontrer Myriam Clavreul, athlète de haut niveau paracanoë, et d’essayer des embarcations adaptées. En effet, le handicap peut être visible, invisible ou non reconnu. Il est donc nécessaire de proposer des bateaux à destination de toustes les pratiquantes pour qu’iels puissent pleinement profiter des séances de navigation. Quels que soient le handicap, la taille, le poids, l’âge, la motricité, les aptitudes, ces bateaux doivent être adaptés, confortables, sécurisants, plaisants… bref, ils doivent être inclusifs !

Aujourd’hui, nous avons donc eu l’occasion de tester des paracanoës de course en ligne. Ces embarcations sont très légères, très hydrodynamiques et plutôt très stables pour cette discipline de vitesse. Myriam constate que Nathanaël, adolescent membre de JSPA Mayenne, est très grand ! Pourtant, elle trouve aussitôt le paracanoë adapté au gabarit de Nathanaël. Après l’ajustement du siège et des cale-pieds, nous pouvons embarquer et filer sur l’eau. Pour ses premiers coups de pagaie en kayak de course en ligne, Nathanaël se débrouille très bien ! Cependant, il remarque très vite l’instabilité du bateau à vitesse réduite. Au fur et à mesure de notre progression, il se familiarise avec le kayak et arrive à prendre ses repères. Pour autant, il a l’impression de ne pas avancer aussi vite qu’il le souhaiterait. Il sera surpris de voir le barrage de Belle-Poule assez rapidement !

Nous nous posons quelques minutes près du barrage de Belle-Poule, puis nous redescendons vers le club de Laval. Lors de la descente, nous croisons des avirons et les autres groupes de kayakistes : les débutantes, les confirmées et les adultes, ainsi que plusieurs groupes de locations. Nathanaël navigue désormais avec une bonne vitesse de croisière, tout en stabilité. Au club, nous débarquons et nous échangeons avec Myriam sur le paracanoë et son handicap.

Myriam nous explique que son handicap est apparu en 2017, même si des premiers signes sont apparus antérieurement. Bien qu’il n’y ait pas encore officiellement de diagnostic de posé sur son handicap, il s’agirait probablement d’une maladie neurodégénérative. Son handicap évolue avec le temps puisqu’elle marche quasiment sur sa cheville gauche, elle ne peut utiliser que la pince de sa main gauche et elle ne peut plus marcher après trop d’efforts. Elle est également victime d’autres désagréments que nous n’aborderons pas ici. Pour résumer, le quotidien n’est pas facile puisque Myriam ne peut pas s’éloigner trop loin de chez elle sans assistance.

Après son parcours de vie, Myriam aborde son parcours sportif et nous explique les différentes catégorisations de handicap au sein de la fédération française de canoë-kayak et sports de pagaie :

  • KL1 : Athlètes sans ou avec une fonction très limitée du tronc, sans fonction des jambes et ayant besoin d’un siège avec dossier haut dans le kayak.
  • KL2 : Athlètes avec une fonction partielle du tronc et des jambes, capables de s’asseoir droit dans un kayak mais qui peuvent avoir besoin d’un siège avec dossier haut. Le mouvement des jambes est limité durant le pagayage.
  • KL3 : Athlètes avec une fonction du tronc et une fonction partielle des jambes, capables de s’asseoir avec le tronc en flexion avant dans le kayak et capables d’utiliser au moins une jambe/prothèse

Comme aucun diagnostic n’est encore posé, Myriam est donc classée dans la catégorie KL3 qui ne l’autorise à courir que dans les compétitions nationales. Ces catégories sont très restrictives.

Myriam nous expose ensuite la fonction de son orthèse de main fixée à la pagaie. Elle a pour fonction de soulager son poignet gauche lorsqu’elle utilise sa pince pour tenir et tirer sur la pagaie lors de l’effort. Ses calages de jambes sont aussi très importants puisqu’ils autorisent à Myriam de soulager ses jambes. Mais ils servent surtout à ce qu’elle puisse “ressentir” son embarcation. Elle continue la présentation de son kayak en passant en revue la barre de gouvernail. Pour l’instant, elle arrive encore à la ressentir au niveau des pieds. Ce n’est pas forcément le cas pour toutes les personnes avec handicap. Des sensations qui paraissent tellement normales pour les valides.

Suite au témoignage de Myriam, nous testons des kayaks de descente qui pourraient convenir aux grands gabarits ainsi qu’aux personnes avec des problèmes de surpoids. C’est encore une belle découverte, car les bateaux testés répondent pleinement aux critères !

Finalement, il est l’heure de rentrer. Mais avant, avec Myriam, nous proposons à Didier Le Blanc, président du Comité Départemental de Canoë-Kayak de la Mayenne, d’organiser une journée sur le handikayak à destination des plus jeunes. Plusieurs ateliers seront organisés pour que chacune prenne conscience des effets ressentis par les personnes avec handicap.

Merci au club de canoë-kayak de Laval pour son accueil, et en particulier à Myriam Clavreul qui a pris du temps pour répondre sans tabou à toutes nos questions. Encore un énorme merci à toi Myriam !

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